Création d'entreprise · Aides & Exonérations

ACRE & ARCE :
tout ce que vous devez savoir
pour bien démarrer

Deux dispositifs complémentaires pour alléger vos premières années. Charges sociales, allocations chômage en capital : on vous explique tout.

Lecture : 5 min Mis à jour : Juillet 2026 Par votre expert-comptable

Vous créez ou reprenez une entreprise ? L'ACRE réduit vos charges sociales dès le premier jour, l'ARCE transforme vos allocations chômage en capital. Ces deux dispositifs sont souvent mal compris — voire confondus. Voici les clés pour en tirer le meilleur parti.

L'ACRE : exonération de cotisations sociales

L'Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise (ACRE) est une exonération partielle de cotisations sociales accordée aux créateurs et repreneurs lors de leur première année d'activité. Elle s'applique automatiquement dans de nombreux cas — à condition d'en faire la demande dans les 45 jours suivant l'immatriculation.

ACRE — Ce que vous devez savoir

Exonération de charges sociales · URSSAF
  • Exonération totale si revenus ≤ 75 % du PASS (environ 34 776 € en 2025)
  • Exonération dégressive entre 75 % et 100 % du PASS
  • Concerne les cotisations maladie, maternité, invalidité, vieillesse et allocations familiales
  • Durée : 12 mois à compter du début d'activité
  • Pour les micro-entrepreneurs : taux de cotisations réduit de moitié pendant 12 mois
  • Demande obligatoire auprès de l'URSSAF dans les 45 jours suivant l'immatriculation

L'ACRE est accessible à un large public : demandeurs d'emploi indemnisés ou non, bénéficiaires du RSA, jeunes de moins de 26 ans, salariés ou licenciés d'une entreprise en redressement judiciaire, etc. Il est essentiel de vérifier votre éligibilité avant l'immatriculation pour ne pas perdre le bénéfice du dispositif.


L'ARCE : vos allocations chômage en capital

L'Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) est proposée par France Travail (ex-Pôle Emploi) aux demandeurs d'emploi indemnisés. Elle permet de recevoir une partie des droits ARE restants sous forme de capital, versé en deux fois, plutôt que de continuer à percevoir une allocation mensuelle.

ARCE — Ce que vous devez savoir

Capital chômage versé en deux fois · France Travail
  • Montant : 60 % des droits ARE restants (depuis novembre 2023, contre 45 % auparavant)
  • 1er versement à la date de création ; 2e versement 6 mois plus tard
  • Condition préalable : avoir obtenu l'ACRE
  • Une retenue de 3 % au titre de la retraite complémentaire s'applique sur chaque versement
  • Demande à effectuer auprès de France Travail dans les 30 jours suivant la création
  • Alternative au maintien mensuel de l'ARE — les deux sont exclusifs l'un de l'autre
Point clé à retenir

L'ARCE et le maintien mensuel de l'ARE sont deux options mutuellement exclusives. Choisir l'ARCE signifie recevoir un capital immédiat mais cesser de percevoir l'allocation mensuelle. Ce choix stratégique dépend de votre situation personnelle, de votre business plan et de vos besoins de trésorerie dès le démarrage.


Différences clés entre ACRE et ARCE

CritèreACREARCE
NatureExonération de cotisations socialesVersement en capital des allocations chômage
OrganismeURSSAFFrance Travail (ex-Pôle Emploi)
ConditionsCréateur ou repreneur éligible (liste URSSAF)Demandeur d'emploi indemnisé + avoir l'ACRE
Délai de demande45 jours après immatriculation30 jours après la création
Durée du bénéfice12 mois d'exonérationCapital versé en 2 fois sur 6 mois
Cumulable avec l'ARE ?Oui, sous conditions de revenusNon — alternative au maintien mensuel de l'ARE
MontantVariable selon revenus et PASS60 % des droits ARE restants

Quel dispositif choisir ?

Ces deux aides ne s'opposent pas : si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, vous pouvez bénéficier de l'ACRE et décider ensuite d'opter pour l'ARCE ou le maintien mensuel de l'ARE. La bonne stratégie dépend entièrement de votre situation.

Si vous avez besoin de trésorerie au démarrage et que votre projet est solide, l'ARCE peut représenter un apport initial décisif. En revanche, si votre activité risque de prendre du temps à décoller, la sécurité du maintien mensuel de l'ARE est souvent préférable.

Dans tous les cas, l'ACRE reste incontournable : elle réduit mécaniquement vos charges dès le premier jour d'activité, quelle que soit votre situation vis-à-vis de France Travail.

Questions fréquentes

Vos questions, nos réponses

Les interrogations les plus courantes de nos clients créateurs d'entreprise.

Peut-on cumuler l'ACRE et l'ARCE ? +

Oui, et c'est même une condition : pour obtenir l'ARCE, vous devez obligatoirement avoir obtenu l'ACRE au préalable. En revanche, l'ARCE et le maintien mensuel de l'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) sont exclusifs l'un de l'autre. Vous devez choisir l'un ou l'autre lors de votre demande auprès de France Travail.

Suis-je éligible à l'ACRE en tant qu'auto-entrepreneur ? +

Oui. Les micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs) sont éligibles à l'ACRE au même titre que les autres créateurs. La différence est que l'exonération se traduit par une réduction de moitié des taux de cotisations pendant 12 mois, plutôt qu'une exonération calculée sur le PASS.

Attention toutefois : si vous avez déjà créé une micro-entreprise au cours des 3 dernières années, vous ne pouvez pas bénéficier de l'ACRE à nouveau pour cette même activité.

Que se passe-t-il si je ne fais pas ma demande d'ACRE dans les 45 jours ? +

Le délai de 45 jours est impératif. Passé ce délai, votre demande sera rejetée par l'URSSAF et vous ne pourrez plus bénéficier de l'exonération pour votre première année d'activité. C'est une erreur fréquente que nous constatons chez les créateurs qui s'immatriculent sans accompagnement. Ne laissez pas ce délai vous échapper — si vous avez des doutes, contactez-nous dès l'immatriculation.

Vaut-il mieux choisir l'ARCE ou le maintien mensuel de l'ARE ? +

Il n'y a pas de réponse universelle. Voici les éléments à peser :

  • ARCE : idéale si vous avez besoin de trésorerie au démarrage, si votre business génère des revenus rapidement, ou si vos droits restants sont importants.
  • Maintien de l'ARE : préférable si votre activité met du temps à décoller, si vous avez peu de visibilité sur vos revenus des 12 à 18 premiers mois, ou si vous avez des charges personnelles importantes.

Un calcul personnalisé est indispensable avant de décider. N'hésitez pas à nous solliciter pour une simulation.

L'ACRE est-elle automatique ou faut-il en faire la demande ? +

Cela dépend de votre situation. Pour les micro-entrepreneurs, l'ACRE est accordée automatiquement lors de la création, sans démarche particulière à effectuer si vous cochez la case lors de l'immatriculation sur le guichet unique.

Pour les autres formes juridiques (SASU, EURL, SAS, etc.), une demande expresse doit être adressée à l'URSSAF dans les 45 jours suivant l'immatriculation, accompagnée des justificatifs de votre éligibilité.

L'ACRE s'applique-t-elle à tous les types de sociétés ? +

L'ACRE concerne le créateur ou le repreneur en tant que personne physique, quel que soit le statut juridique de l'entreprise créée (SASU, EURL, SAS, SARL, micro-entreprise, entreprise individuelle, etc.). L'essentiel est que le bénéficiaire exerce un contrôle effectif sur la structure et soit affilié en tant que travailleur indépendant ou dirigeant assimilé salarié.

Puis-je bénéficier de l'ACRE si je crée une deuxième entreprise ? +

L'ACRE n'est accordée qu'une seule fois par individu, et uniquement lors de la première création ou reprise d'entreprise. Si vous avez déjà bénéficié de l'ACRE dans le passé, vous ne pouvez pas en bénéficier à nouveau pour une nouvelle création.

Il existe cependant une exception : si votre première entreprise a cessé son activité et que vous créez une nouvelle structure après un délai significatif, votre éligibilité peut être réévaluée. Un accompagnement personnalisé est recommandé dans ce cas.

Quelles sont les démarches concrètes pour demander l'ARCE ? +

Pour demander l'ARCE, vous devez :

  • Avoir obtenu l'ACRE au préalable (attestation URSSAF à joindre)
  • Vous rendre dans votre agence France Travail ou effectuer la démarche en ligne sur votre espace personnel
  • Remplir le formulaire de demande d'ARCE dans les 30 jours suivant la date de création
  • Fournir le Kbis ou l'extrait d'immatriculation de votre entreprise

Le premier versement intervient généralement dans les semaines suivant la validation du dossier. N'oubliez pas que 3 % du montant versé sera retenu au titre de la retraite complémentaire.

Prêt à optimiser votre lancement ?

Chaque situation est unique. En tant qu'expert-comptable, j'accompagne les créateurs d'entreprise pour structurer leur projet, maximiser leurs aides et démarrer sur de bonnes bases.

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