Fiscalité 2026

Amortissements LMNP et plus-value : la réforme qui change tout à la revente

Par IDECA CONSEILS —  ·  Lecture : 5 min

Depuis février 2025, les amortissements déduits au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable. Un impact souvent de plusieurs dizaines de milliers d'euros que la plupart des propriétaires n'anticipent pas.

L'article 84 de la loi n°2025-127 du 14 février 2025 a mis fin à l'un des avantages historiques du LMNP au régime réel. Pendant des décennies, les amortissements déduits pendant la phase de location étaient invisibles au moment de la revente : la plus-value se calculait simplement entre le prix d'achat et le prix de vente, sans tenir compte de ce qui avait été amorti. Cette mécanique a été supprimée.

L'avantage historique supprimé : un propriétaire qui avait amorti 80 000 € sur 20 ans voyait sa plus-value calculée comme si le bien n'avait jamais été déprécié. Il bénéficiait donc d'une économie fiscale double — pendant la détention via les amortissements, et à la revente via une base taxable réduite. Ce mécanisme n'existe plus pour les biens détenus au régime réel.

Illustration chiffrée

ParamètreAncien calcul (avant 2025)Nouveau calcul (depuis 2025)
Prix d'achat200 000 €200 000 €
Amortissements cumulés (15 ans)Non réintégrés — 0 €Réintégrés — 60 000 €
Prix de vente280 000 €280 000 €
Plus-value brute imposable80 000 €140 000 €
Impôt supplémentaire estimé—Environ 11 200 € de plus (taux 19 %)

Les abattements pour durée de détention restent applicables : 6 % par an entre la 6e et la 21e année de détention pour l'impôt sur le revenu (exonération totale à 22 ans), et 1,65 % par an entre la 6e et la 21e année pour les prélèvements sociaux (exonération totale à 30 ans).

Les exceptions à connaître

Résidences étudiantesTotalement exonérées de réintégration. L'ancien régime de calcul de la plus-value continue de s'appliquer sans modification.
Résidences seniors & EHPADMême exonération totale maintenue. Ces résidences conservent l'intégralité de leur attractivité fiscale à la revente.
Détention supérieure à 30 ansExonération totale de la plus-value (IR et prélèvements sociaux). Le temps reste le meilleur outil de défiscalisation.

Impact combiné avec la loi Le Meur

La conjonction des deux réformes frappe particulièrement les meublés de tourisme non classés. D'un côté, la baisse des abattements micro-BIC et le plafond de 15 000 € poussent mécaniquement plus de propriétaires vers le régime réel. De l'autre, le passage au régime réel expose désormais à la réintégration des amortissements à la revente.

Effet cumulatif : davantage de propriétaires de meublés saisonniers franchissent le seuil de 15 000 €, basculent au régime réel, et s'exposent alors à la réintégration des amortissements à la revente. Les deux réformes se conjuguent pour dégrader significativement la rentabilité nette sur deux fronts distincts.

Le régime réel reste-t-il pertinent ?

Oui — pour la majorité des propriétaires ayant un crédit en cours, des charges réelles significatives ou une stratégie de détention longue. L'économie fiscale annuelle générée par les amortissements sur 15 à 20 ans dépasse généralement l'impôt supplémentaire dû à la réintégration, surtout si les abattements pour durée de détention ont eu le temps de jouer.

Stratégie recommandée : si votre horizon de détention est inférieur à 10 ans, le micro-BIC (si vos recettes le permettent) peut être plus avantageux sur le cycle complet. Au-delà de 15 ans, le régime réel reste incontournable. Chaque situation mérite une simulation chiffrée précise.
Quel impact sur votre revente ?
Simulons ensemble la fiscalité de sortie selon votre durée de détention et vos amortissements.
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